Le Parc

Le Belvédère:
Un patrimoine à Classer.

Situé, au cœur de la ville de Tunis, sur une colline s’élevant à une hauteur de 82 mètres, ancienne oliveraie de 110 ha, le parc du Belvédère a été conçu et dessiné, à partir de 1892, par  Joseph  Laforcade, architecte paysagiste, jardinier en chef de la ville de Paris . 
Reflétant le style d’aménagement de l’époque à savoir le parc à l’anglaise et ayant  des contours analogues à ceux du parc des Buttes Chaumont à Paris, le Belvédère se compose  de clairières couverte de pelouses  encadrées  de bosquets d’arbres renfermant plusieurs espèces végétales tel  les oliviers, l’oléastre, l’eucalyptus, les ficus macrophylla, les faux poivriers, les palmiers, les pins, les caroubiers, les tipuana tipu et plusieurs autres espèces exotiques (Argentine, Australie…) introduites et acclimatée depuis plus d’un siècle. On dénombre ainsi des milliers d’arbres et d’arbustes, réparties entre les pleins et les vides et provenant des cinq continents..
Sillonné par des allées ombragées offrant des belles perspectives et des points de vue  sur le paysage typique tunisois, fait de lacs et de collines dans lequel vient s’incruster la médina ,et la ville moderne, le parc laisse  également  entrevoir à l’horizon les collines de Carthage, Sidi Bou Saïd, et Gammarth de la banlieue nord , le jebel Korbous du Cap-bon, les jebels de Boukornine et Ressas dominant la plaine de Mornag et le littoral de Hammam-lif  et enfin la pointe du massif majestueux de Zaghouan.
En septembre 1901, un casino de style néo-mauresque est inauguré à l'entrée du parc,  et  plus en hauteur, sur une plateforme circulaire ayant un panorama exceptionnel sur la médina et la ville de Tunis, fût  transféré, et érigé, la Koubba (Kobbet El Haoua ) qui faisait partie du Palais de la Rose construit à la Manouba par Hamouda Pacha en 1798.
Le parc du belvédère ouvrit officiellement ses portes au public en 1910. Ensuite et de 1963 à 1969 des architectes paysagistes allemands de la ville de Cologne dessinent et aménagent, dans  le cadre de la coopération entre les deux pays, un jardin zoologique dont les contours sud sont révélés par un plan d’eau qui accueille saisonnièrement une grande diversité d’oiseaux migrateurs qui font la joie et le plaisir des visiteurs des lieux.
De nos jours, le parc abrite plusieurs autres  monuments : un club hippique,  un espace d’éducation environnementale mitoyen du siège de l’Association des Amis du Belvédère, (intégrant une bibliothèque verte ouverte aux passionnés de la nature), des espaces de jeux et d’activités sportives et culturelles. C’est en somme le jardin de «  tout le monde » où l’on vient se détendre, se recueillir, se ressourcer et se concilier avec une nature adoucie.
En raison de son implantation exceptionnelle,  au cœur d’une agglomération  devenue une métropole oppressante, le site se trouve actuellement  menacé par l’urbanisation la pollution, l’érosion et la fatigue de ses sols, le stress des arbres auxquelles viennent s’ajouter différentes tentatives d’installations de nouveaux projets d’équipement qui risquent de rompre l’équilibre de cet écosystème urbain et  de compromettre sa résilience. 
Inscrit dans la mémoire collective des tunisiens, le parc du Belvédère est aussi un élément essentiel de l'identité de la ville de Tunis; engager le processus de sa classification comme patrimoine national culturel, est une nécessité impérieuse afin d’instaurer des mécanismes et des dispositifs de gestion participative et durable de ces différentes composantes et de  garantir surtout sa sauvegarde pour les générations futures.  

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